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Etat de la vaccination en Belgique francophone – Catherine Moureaux
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Vous connaissez tous ma préoccupation pour la santé de nos enfants. Et les récentes mini-épidémies de rougeole et de coqueluche m’interpellent. Je me suis donc penchée à nouveau sur l’état de la vaccination en Belgique francophone.
 
Y a-t-il comme les médias le mentionnent une augmentation du refus de vacciner son enfant? Combien d’enfants reçoivent toutes les doses des vaccins recommandés ? La protection de la société, et donc des plus fragiles, les bébés, est-elle assurée?
 
1/ Y a-t-il comme les médias le mentionnent une augmentation du refus de vacciner?
Les refus de vaccination sont un phénomène difficile à apprécier. La Ministre m’a rejoint lorsque j’ai avancé l’idée que les refus étaient sous-estimés dans les enquêtes. Ce que l’on sait à coup sûr: depuis 2006 le refus du vaccin contre la rougeole/rubéole/oreillons a augmenté, atteignant les 2% aujourd’hui. Celui contre la méningite est refusé par presque 4% des parents, en hausse également. Les vaccins contre le pneumocoque et l’hépatite B semblent moins refusés aujourd’hui qu’hier (2,6 et 1,5%). Le rotavirus gagne la palme du plus refusé mais il est un peu à part puisqu’il est non remboursé. Cependant les refus à près de 6% sont probablement aussi à mettre au crédit d’une grosse polémique en France récemment. Conclusion: il y a des refus, plutôt un peu plus qu’avant, sans qu’on sache relier toujours ces refus à des polémiques ou à leur prix.
 
2/ Combien d’enfants reçoivent toutes les doses de vaccins recommandés?
Pour le vaccin hexavalent (diphtérie-tétanos-coqueluche-haemophilus influenzae-hépatiteB) 92,3% des enfants ont reçu toutes les doses à l’âge de 15 mois mais ce taux n’est plus que de 73,3% pour le rappel à 5-6 ans!
95,6% ont reçu la première dose du vaccin contre rougeole/rubéole/oreillons. Le rappel doit avoir lieu à 12 ans et malheureusement le taux de couverture pour ce rappel n’est pas disponible à l’heure actuelle.
 
3/ La protection de la société, qui permet surtout de sauvegarder nos bébés, est-elle assurée?
Pour que nous puissions tous bénéficier du fait que la propagation des virus et bactéries soit enrayée par la vaccination de certains il faut qu’un certain taux du public-cible soit effectivement vacciné. C’est ce qui permet alors de protéger les non-vaccinés, en particulier les bébés, qui n’ont pas encore atteint l’âge de recevoir le vaccin.
Cet objectif à atteindre varie en fonction du pathogène incriminé et de son type de propagation. Malheureusement aujourd’hui ces taux ne sont atteints que pour les enfants jusqu’à l’âge de 2 ans. Les rappels ne sont pas suffisamment bien administrés. C’est de ce côté qu’il faut augmenter les efforts.
 
J’avais demandé des mesures ciblées à la Ministre Gréoli face à ce problème en juillet 2016, qui s’était engagée à s’attaquer au problème. J’ai eu l’occasion de la réinterroger le jeudi 19 octobre 2017 sur les mesures effectivement prises. Malheureusement, j’ai bien l’impression que rien de ciblé n’a été fait.
Compte rendu de la commission Enfance du 19 octobre 2017: Question de Mme Catherine Moureaux à Mme Alda Greoli, ministre de la Culture et de l’Enfance, intitulée «Vaccination en question?»
Mme Catherine Moureaux (PS). – Dans le courant du mois de septembre, j’ai lu un article sur la question du refus de vaccination. La directrice médicale adjointe de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) y déclarait que «nous remarquons une augmentation des questionnements, ce qu’on peut comprendre étant donné la résonance des discours pro et anti-vaccins sur les réseaux sociaux».Elle évoquait une légère augmentation des refus de vaccination durant les consultations et elle citait le chiffre de 2 %.
Madame la Ministre, confirmez-vous ces constats et chiffres?Quelle est la couverture vaccinale actuelle pour les différents vaccins recommandés? Les chiffres sont excellents pour les premières injections, mais des difficultés sont constatées au niveau des vaccinations de rappel. La situation se corse encore pour les vaccinations contre le rotavirus. Pouvez-vous commenter l’évolution de cette couverture?
La presse parle d’une recrudescence de la rougeole et de la coqueluche: confirmez-vous ces informations? Comment vous expliquez-vous cette recrudescence?
Le fait d’avoir attribué la compétence de la vaccination à l’ONE a été selon moi une erreur manifeste. Pour le cas de la coqueluche par exemple, c’est finalement la vaccination des jeunes adultes qui pose problème. Est-ce qu’il existe un risque que les chiffres de refus de vaccination soient sous-estimés?
La directrice médicale adjointe ne parle finalement que du refus de vaccination durant les consultations, pas à d’autres moments et dans d’autres cadres. Plus globalement, vous dressiez le constat qu’il est plus difficile de sensibiliser certaines populations à la vaccination, ce qui pourrait expliquer la difficulté à atteindre l’objectif de couverture globale.
Vous aviez annoncé un train de mesures à destination de ces publics. Quelles sont les mesures que vous avez déjà prises dans ce sens?
Mme la Ministre de la Culture et de l’Enfance. – Les chiffres que vous évoquez figurent à la page 31 du rapport intitulé «Enquête de couverture vaccinale des enfants de 18 à 24 mois en Communauté française (Bruxelles excepté)», réalisé par l’association interuniversitaire Provac.
Lors des consultations ONE, le refus de vaccination reste marginal, mais l’ONE constate une augmentation des questionnements qui lui sont rapportés par les acteurs de terrain. Selon le dernier rapport de l’Institut scientifique de santé publique, le nombre de cas de coqueluche est en forte augmentation en Wallonie et à Bruxelles depuis 2011: 662 cas ont été rapportés en 2014 et 882 en 2015.
La plupart des cas de coqueluche touchent les enfants de moins d’un an, en particulier les nourrissons de moins de 5 mois. En 2015, le nombre de cas a toutefois chuté chez les nouveau-nés âgés de 0 à 2 mois, ce qui pourrait s’expliquer par la vaccination maternelle recommandée par le Conseil supérieur de la Santé depuis 2013. Cette recrudescence est aussi observée dans d’autres pays européens. En 2014, 38 044 cas confirmés de coqueluche ont été notifiés dans l’Union européenne, ce qui représente une augmentation notable de l’incidence de cette pathologie par rapport aux années précédentes, notamment les années 2010 et 2011.
Aux Pays-Bas notamment, l’incidence de la coqueluche est passée de 17,8 cas à 49,9 cas pour cent mille habitants de 2013 à 2014. Quant à la rougeole, elle est cinq fois plus contagieuse que la grippe. Son taux de reproduction est compris entre 15 et 20: à partir d’un cas, 15 à 20 cas secondaires peuvent être recensés dans une population non protégée. Ensuite, la couverture vaccinale de la deuxième dose de vaccins prévue à douze ans se situe en dessous des objectifs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce qui explique l’épidémie de rougeole.
L’évolution de l’incidence de la rougeole dans notre pays confirme ce propos. Rappelons que les foyers épidémiques démarrent souvent au sein de communautés dont l’immunité de groupe ne peut pas jouer son rôle de protection, car la concentration des individus non vaccinés est trop grande.
Le refus de vaccination est évalué lors des enquêtes de couverture vaccinale. Même si la méthodologie est bien pensée, un biais est toujours possible, induit entre autres par l’absence de réponse de certains participants ou par une réserve d’un parent à admettre qu’il n’a pas fait vacciner son enfant. L’ONE, en tant gestionnaire du programme de vaccination pour les enfants et les femmes enceintes, participe à des séances de sensibilisation pour les professionnels, telles que les «midis des médecins» et les rencontres avec les sages-femmes, et pour le public, en réponse à des initiatives locales. Il contribue aussi à la publication de brochures et d’informations, y compris dans les médias. Je vous remets les derniers pourcentages ainsi que les marges d’erreur vaccinale.
Selon le rapport Provac 2015, toutes les couvertures des vaccins faisant partie du circuit sont restées stables par rapport à l’enquête précédente de 2012, à l’exception du pneumocoque et du rotavirus, qui enregistrent respectivement une augmentation de 3,5 % et de 7 %. C’est pour ces deux vaccins que la couverture a le plus varié entre les enquêtes des années 2012 et 2015.
Mme Catherine Moureaux (PS). – Si je vous comprends bien, vous dites tant pour les rotavirus que pour le pneumocoque que nos couvertures sont meilleures qu’auparavant. Confirmez-vous cette information?
Mme la Ministre. – Oui, bien sûr.
Mme Catherine Moureaux (PS). – Par contre, je note que vous vous étiez engagée à lancer des actions ciblées sur les foyers comptant un nombre moindre de vaccinés. Vous m’avez parlé de brochures, de médias, de séances de sensibilisation à destination du personnel… Comment faites-vous pour cibler ces actions? Nous en avions discuté et nous partagions le même avis, vous et moi. La prévention ne s’adressera pas à tout le monde de la même façon. Je pense plus particulièrement à ces personnes qui ont moins de facilités pour rejoindre les dispositifs de vaccination. Je le répète, ces personnes ne refusent pas les vaccins. Elles manquent d’un lien avec le dispositif aujourd’hui. Il faut donc les cibler de façon plus spécifique.