Ne rien oublier, relever la tête et défendre une société ouverte et émancipatrice.
En ce 22 mars 2017, nous n’avons rien oublié. Rien oublié des attentats ignobles qui ont tué 32 personnes et blessé 320 autres il y a tout juste un an. Rien oublié de la souffrance des survivants, des familles et des proches. Rien oublié non plus du courage des secouristes, policiers, pompiers, militaires, du personnel de l’aéroport, des travailleurs de la Stib, et des citoyens qui se sont engouffrés dans l’horreur pour venir en aide aux victimes. Définitivement, non. Nous n’oublierons pas ce 22 mars et ce coup de poignard des adorateurs de la secte mortifère DAESH porté au cœur de notre société pour mieux la diviser. Aujourd’hui, leur stratégie porte ses fruits pourris. Les réflexes de repli sur soi et de peur de l’autre sont en augmentation dans toute l’Europe. Impossible de les laisser faire ! Nous ne pouvons laisser la gangrène et les attiseurs de haine s’installer et pulluler, au risque de voir le délitement complet de notre société! Nous devons donc relever la tête, rester lucides et passer à l’action pour défendre nos valeurs de liberté, d’égalité, d’ouverture et de fraternité, pour défendre une société émancipatrice et garantir la sécurité pour tous! Cela veut dire lutter efficacement contre le terrorisme en ciblant son financement et en adoptant un point de vue critique des tensions géopolitiques actuelles. Cela veut aussi dire garantir l’égalité des citoyens et l’émancipation de chacune et de chacun en éradiquant toutes les formes de discriminations, qui font le lit de la haine et du repli sur soi. Cela veut dire construire et alimenter une solidarité chaude, tous les jours, partout et chacun. Une solidarité qui commence généralement entre deux individus, puis s’étend à la famille, pour entraîner parfois ensuite tout le quartier. Une solidarité qui fasse du lien social une réalité concrète. Qui fasse du lien social notre meilleur rempart contre la gangrène des attiseurs de haine. Ce défi, nous le réussirons ensemble et uniquement ensemble ! La plaie est encore ouverte et la cicatrisation difficile mais rappelez-vous : ne rien oublier, relever la tête et défendre une société ouverte et émancipatrice !
Frapper le terrorisme sans se tromper de cible!
Vivre en sécurité est un objectif pour tous. Et force est de constater que le monde d’aujourd’hui est plus insécurisant que celui d’hier. La pression mise sur notre société par DAECH est grande. Cette organisation terroriste a imposé sa stratégie de guérilla en Europe, reléguant les autres préoccupations de sécurité à l’état de menaces infimes. Vivre en sécurité est un objectif pour tous. Mais comment atteindre cet objectif? C’est à notre Ministre de l’Intérieur et à nos services de renseignements et de police de proposer la méthode. C’est à la population et à son Parlement élu de critiquer la méthode proposée. Critiquer au sens noble du terme: tant de manière positive que négative. Aujourd’hui, un certain nombre de voix s’élèvent pour critiquer négativement les méthodes choisies. Ce qui est pointé du doigt, c’est en particulier l’idée de ne pas cibler les actions, mais bien de les appliquer à tous les citoyens. Ainsi du secret professionnel des travailleurs sociaux, ainsi des visites domiciliaires et des contrôles dans les associations à Molenbeek et Schaerbeek. A Molenbeek, après avoir contrôlé uniquement certaines associations au motif que leur nom résonnait un peu « musulman », et entamé, avec l’aide des autorités communales, de visiter tous les domiciles sans aucune précaution de forme –l’opération se résumant à « sans mandat, sans ménagement » – , voici que Jambon a lancé une vaste opération de contrôles de tout le tissu associatif. Sans doute parce que peu avait été trouvé jusqu’ici. Sûrement pour remplir son engagement sloganesque » Je vais nettoyer Molenbeek « . A Molenbeek donc, les forces de police débarquent maintenant dans chaque association sans prévenir, en force, au beau milieu des activités. A croire que la Sûreté ne s’en sort plus dans ses fichiers de suspects… Ainsi les apprenants d’un cours d’alphabétisation ont vu la semaine passée avec stupeur 6 policiers en uniforme descendre sur place en plein cours. Ainsi les lycéens d’une école de devoirs ont vu la semaine passée leur séance de révision largement perturbée par les mêmes, intimidant leurs professeurs. Pourquoi? Pour déposer un courrier exigeant des dirigeants de ces associations leurs statuts, bilan comptable, liste du personnel et des bénévoles! Comment juger cette nouvelle mesure? Certaines choses sont évidentes. Les publics de ces associations, ainsi que leurs membres, font partie des populations les plus traînées dans la boue, les plus montrées du doigt, et les plus discriminées, en Belgique cette dernière année. Demander de tels documents pouvait se faire sous une autre forme. La plupart étant déjà à disposition au Moniteur Belge par ailleurs. D’autres éléments méritent réflexion. Quel sens cela a-t-il de contrôler des associations qui sont déjà sous la tutelle des pouvoirs publics, comme par exemple toutes celles qui émargent au Programme communal de Cohésion sociale ? L’un des terroristes aurait-il eu pour base une de ces associations? Plus largement, quel sens cela a-t-il de contrôler toutes les associations ? La crédibilité des associations auprès de leur public, voire la liberté associative elle-même – pourtant un droit constitutionnel – ne pourraient-elle pas pâtir de ce type de « descentes »? Et quelle est l’efficacité de ces mesures non-ciblées, mise à part la possibilité pour Jambon de dire qu’il a enquêté sur tout le monde? Enfin, d’autres mesures n’auraient-elles pas plus de sens? Comme par exemple remplir le cadre de la police locale et l’élargir ? Et ainsi pouvoir redéployer une véritable police de proximité, qui connaisse chaque habitant, qui ait ses entrées partout, qui respecte la population. Qui fasse régner l’ordre sans faire peur aux enfants, et sans se sentir en péril ou en terre de mission au point de recourir à l’abus de pouvoir. Pour mémoire, Plan canal ou pas, il manque de l’ordre de 100 agents pour la zone de police Bruxelles-Ouest, dont fait partie Molenbeek. Comme par exemple refinancer les services de renseignement? Et ainsi pouvoir infiltrer et enquêter, de manière ciblée, auprès des groupements suspects. Et ainsi pouvoir traiter toutes les informations déjà obtenues. Car ce que nous apprennent les attentats commis en Belgique et en France, c’est surtout que la plupart des auteurs étaient connus de la justice ou des services de renseignements. L’information était disponible mais n’avait pu être exploitée, faute de moyens technologiques et humains suffisants! Comme par exemple traquer sérieusement les gros bonnets et les filières de l’argent du terrorisme? Et ainsi pouvoir éviter de chercher « par en-dessous » une aiguille dans une botte de foin. Car comment qualifier autrement la mission de ceux qui devront éplucher ce que leur fourniront les associations à la recherche d’une trace d’argent sale? Là aussi l’infobésité, ce trop-plein d’informations que l’on n’arrive pas à gérer et qui bloque le bon fonctionnement des services guette. Si vivre en sécurité est un objectif pour tous, le bilan de la stratégie du « tous suspects » m’apparaît a priori fort faible. La visite des associations est injuste. Et on aurait pu l’accepter si elle ne semblait pas par ailleurs totalement inefficace, disproportionnée, et délétère. Du coup, pour finir, je voudrais saluer le courage et le travail de toutes ces associations qui ont décidé de s’engager aux côtés des Molenbeekois aujourd’hui. J’espère qu’ils seront toujours là demain! Catherine Moureaux est Présidente du Groupe PS au Parlement francophone bruxellois. Carte blanche publiée sur le site RTBF.be le 16 février 2017.
A la méfiance et au repli sur soi, nous opposons la fraternité et la bienveillance – Vœux 2017
Camarades, Il fait froid dehors. L’hiver est tombé sur Bruxelles. L’hiver est tombé sur Molenbeek. 2016 nous a laissés le cœur brisé. Les jambes coupées. Les yeux mouillés. 2016 nous a laissés le cœur serré. Le visage dur. Les yeux dans le vague. La peur au ventre. La colère en tête. Pour certains la haine au corps. Nos cris se sont arrêtés à la gorge. Molenbeek a bu le calice jusqu’à la lie. Injustement pointés du doigt, nos jeunes vivent lourds de leurs stigmates, ce code postal honni, « 1080 ». La peur au ventre. La colère en tête. Pour certains la haine au corps. Camarades, Il fait froid dehors. Camarades, Il fait chaud dedans. Il fait chaud ici. Il fait chaud ensemble. 2017 nous trouvera à nouveau ici. Le cœur vaillant. « A cœur vaillant, rien d’impossible ! » La tête froide. Les mains dans le cambouis. Camarades, Il fait chaud ici. Il fait chaud ici parce que nous cultivons l’ouverture, et le dialogue. Parce qu’à la méfiance et au repli sur soi, nous opposons la fraternité et la bienveillance. Parce qu’en découvrant l’autre, nous combattons la peur, et sa suivante, la haine. Camarades, Il fait chaud ici. Parce que notre Parti a entendu notre appel pour une solidarité renforcée entre les communes. 9 millions de plus de dotation de la Région à notre commune. Camarades, Parce qu’il fait chaud ici, c’est d’ici que nous devons repartir à la conquête. Nous devons écouter nos jeunes et leur proposer des solutions. Ainsi la proposition de voir conditionner tout octroi d’aide publique aux entreprises au respect d’un quota de 20% d’engagement dans les quartiers déprivés, comme les nôtres. Car à part d’aucun en l’an 0, nul homme (ni femme 😉 ) n’est destiné à vivre avec des stigmates. Nous devons écouter nos aînés et leur proposer des solutions. Ainsi les initiatives interculturelles et intergénérationnelles car les crimes de 2015 et 2016 ont percé une brèche dans le mur de l’indifférence d’un grand nombre. Il y a donc une opportunité de renouveau du lien, d’expansion rapide et féconde de la fraternité, derrière la menace et la peur. Nous devons écouter nos familles et leur proposer des solutions. Ainsi préserver un modèle d’allocations familiales qui permet de ne pas creuser encore plus les écarts entre les enfants. Ainsi continuer de combattre les solutions iniques qui compliquent la vie des familles pour des économies de bouts de chandelle. Je pense ici aux sommes importantes demandées pour les garderies. 30 euros par enfant par mois, cela fait pour une famille de trois enfants 90 euros par mois. 90 euros dont la plupart des familles ne peuvent pas se passer chaque mois. 90 euros qui, s’ajoutant à un manque de crèches, à des lacunes en formation, à la discrimination à l’embauche, découragent les femmes d’aller chercher du travail ou d’entrer en formation. Car il faut aller chercher les enfants à l’école. Et c’est le type de mesure qui vient créer la misère et les modèles familiaux que la droite décomplexée (et les amis Groen 😉 ) viennent ensuite critiquer. Camarades, C’est seulement tous ensemble, unis, nous serrant les coudes, que nous pourrons être efficaces aux côtés des Molenbeekois. 2016 nous a vu organiser un grand nombre d’activités dans nos murs. Parce qu’il fait chaud ici. Mais 2017, parce que nous avons maintenant consolidé nos bases, doit être l’année « hors les murs ». 2017 doit nous voir démultiplier les actions de terrain. Comme lorsque deux camarades se sont rendus aux côtés d’une vieille dame en difficulté ici derrière. Le bureau et le comité feront appel à vous, camarades, pour ce type d’actions cette année ! Réservez-leur un bon accueil. Je suis convaincue que nous sommes désormais armés pour braver le froid qui règne dehors ! Camarades, Il fait chaud ici. Je nous souhaite pour 2017 qu’il en reste ainsi et que le plus grand nombre nous rejoigne sous ce toit ! Je vous souhaite, je nous souhaite, une très belle année 2017 !
VIDEO – Mon interview sur la radio et WebTV Almouwatin
De Molenbeek au vivre-ensemble en passant par mon parcours personnel et mes combats politiques, c’est avec plaisir et enthousiasme que j’ai répondu aux questions de la radio et WebTV Almouwatin.
VIDEO – Prisons, justice, police: la mascarade d’un état fort
Ma participation à l’émission les experts sur Télé Bruxelles ce 14 mai 2016.
Les élections communales 2018 seront tendues : Molenbeek-Saint-Jean
Article par A.C. paru dans la libre du 25 avril 2016 Duel symbolique. Sa mission : venger le père. Catherine Moureaux, fille du bourgmestre déchu Philippe Moureaux, a pris la direction de Molenbeek-Saint-Jean, l’année dernière, pour s’imposer comme la nouvelle cheffe de file du PS local. Sans doute un peu à l’étroit à Schaerbeek, elle a débarqué sur un terrain électoral qui lui est favorable. Aux élections régionales de 2014, après avoir fait campagne aux côtés de son père, elle avait obtenu un quart de ses voix de préférence sur le seul territoire de la commune. Un résultat significatif. Très présente dans les médias, Catherine Moureaux cache à peine ses ambitions. Face à elle, la bourgmestre Françoise Schepmans (MR), celle qui est parvenue à faire chuter son père après deux décennies de maïorat. Le duel s’annonce ouvert et disputé, comme en 2012, lorsque Philippe Moureaux avait obtenu 5 952 voix, contre 5 358 pour Mme Schepmans. Mais les deux dames ne seront en réalité que les égéries d’un combat qui se joue à un tout autre niveau. Elles seront l’incarnation d’une lutte âpre entre un MR – jugé -ultralibéral et un PS – jugé – archaïque et dont Molenbeek en serait le symbole. Ces deux étiquettes collent pourtant mal tant à Françoise Schepmans qu’à Catherine Moureaux. Mais cela, les partis s’en embarrassent peu.
VIDEO – Jambon : Alors, on danse ? J’en ai débattu dans l’émission « Ce n’est pas tous les jours dimanche »
http:// Jambon : Alors, on danse ? J’ai participé à l’émission « Ce n’est pas tous les jours dimanche » sur RTL à propos des déclarations de Jambon. Alain Destexhe y était également invité. Il a tenté de nous faire croire que ces propos amalgamants sur la communauté musulmane reposent sur des faits. Tout a été démonté en deux minutes par des acteurs de terrain… Avec leur propos simplistes, des individus comme Alain Destexhe font partie du problème et pas de la solution. Mais le problème principal réside dans le fait qu’un parti totalement irresponsable comme la NVA nous gouverne aujourd’hui.
Catherine Moureaux de la médecine à la politique
Article paru dans lalibre du 18 avril 2016 Dans le salon, à l’exception des photos des deux enfants du ménage, âgés de 2 ans et demi et de sept ans, peu d’éléments décoratifs ont été accrochés sur les murs bleu gris du salon. Seule l’imposante bibliothèque, remplie à ras bord, à côté de laquelle un petit bureau avec ordinateur et le parc du cadet ont été disposés, semble avoir fait l’objet d’une attention particulière. De l’autre côté de la pièce, deux canapés de taille modeste entourent une petite table basse et une télévision qui semble soudain minuscule. A côté, la toute vieille chaîne hifi familiale et une table sur laquelle fume encore une tasse de thé. Située dans le haut de la commune, entre la chaussée de Gand et le Mettewie, la petite maison familiale que Catherine Moureaux et son compagnon ont achetée, puis investie en novembre dernier, est simple, voire sans chichi, confortable, relativement lumineuse et dispose d’un petit jardin. « On a hésité avec une belle maison située entre Beekkant et la gare de l’Ouest qui avait une grande terrasse, mais ce qui nous a décidés, ici, c’est le jardin », explique celle qui est devenue en février 2015 la cheffe de file des socialistes molenbeekois. Après les dernières élections régionales, en mai 2014, la jeune femme, schaerbeekoise à l’époque, avait réalisé le 3e score socialiste à Molenbeek, juste derrière les ministres Rudi Vervoort et Fadila Laanan. Alors que son père Philippe Moureaux et les socialistes avaient été évincés du pouvoir lors des élections communales de 2012, la question du transfert de sa fille dans la désormais plus célèbre commune de Belgique s’est alors rapidement posée. Après neuf mois de réflexion, celle qui est également députée bruxelloise et chargée de cours à l’ULB avait pris sa décision : elle acceptait le défi. C’est-à-dire tout faire pour récupérer le mayorat perdu lors des prochaines élections de 2018. Caractère et valeurs En ce début du mois d’avril, Catherine Moureaux nous a ouvert les portes de sa maison, la première qu’elle achète, celle à Schaerbeek étant une location. « Il fallait trois chambres pour que les deux enfants aient la leur, ce qui n’était pas le cas avant. Il fallait aussi que ce soit bien desservi en transports en commun », explique-t-elle. « Cela a pris du temps ? La décision de venir a été longue, très longue, mais une fois que je l’avais prise, je voulais justement que ça aille très très vite. J’étais franchement impatiente, Je voulais que cela suive. Mais on a eu du mal à trouver la maison », s’exclame-t-elle. Celle qui aura bientôt 39 ans n’est pas du genre à traîner en route une fois qu’elle s’est fixé un objectif. C’est à huit ans qu’elle annonce à sa maman qu’elle deviendra médecin. Résultat : 20 ans plus tard, elle débute comme médecin généraliste au centre médical de la rue de la Victoire, dans le bas de Saint-Gilles. Durant dix années, la fille du célèbre bourgmestre va travailler quotidiennement là, où explique-t-elle , « un médecin peut jouer un rôle social, où il est au cœur des problèmes de la société ». Un laps de temps durant lequel la jeune femme, toujours pas affiliée au PS, se met lentement mais sûrement à réfléchir à une entrée en politique. « Je voyais les limites de mon action de médecin. Je voulais faire plus, faire bouger les choses », raconte-t-elle Depuis sa plus tendre enfance et durant 20 ans, Catherine Moureaux joue également au basket au haut niveau, occupant le poste de pivot. Une place qui consiste entre autres à intimider les adversaires qui cherchent à inscrire des paniers. Mais si la socialiste estime partager les mêmes valeurs que son père – au premier rang desquelles la détestation de toute discrimination – , elle insiste également : elle n’est pas son père. Pas question donc d’intimider et de passer en force comme le faisait son paternel. Au contraire, insiste-t-elle, place au dialogue et au collectif. En octobre dernier, elle annonçait d’ailleurs, aux côtés de la conseillère communale Farida Tahar, la tenue de différents ateliers au sein de la section, mais aussi une campagne de porte-à-porte, laquelle sera finalement reportée suite aux attentats de novembre. Défis sociaux Aujourd’hui, la situation sociale reste explosive dans la commune, le chômage des jeunes culminant à 40 % dans certains quartiers. Une situation insupportable, explique la Catherine Moureaux, et qui l’a notamment décidé à venir à Molenbeek. Elle en est convaincue, plus que jamais, les socialistes ont un rôle à jouer pour le futur de l’entité. « Il y a des perspectives, mais il va peut-être falloir faire appel à de nouvelles stratégies », explique-t-elle, évoquant de nouveau sa méthode de co-construction. Pour la députée, et cheffe de groupe à la Cocof, une seule certitude : il faudra miser sur l’enseignement et la culture. « Tout commence à l’école. Il nous faut les meilleurs enseignants à Molenbeek, et pour cela il faudra rendre ces postes plus attractifs financièrement. Il y a un talent incroyable chez les jeunes ! Il faut les aider à le développer. Notre richesse, ce sont les jeunes » !, insiste-t-elle. Julien Thomas
Fermetures temporaires de crèches, quelles conséquences et solutions? Question orale du 24 mars 2016
Mme Catherine Moureaux (PS). – Madame la Ministre, vous connaissez mon attachement à la question des normes, de manière très large. L’ajustement de ces normes pourrait éventuellement donner lieu à une réflexion. Je parlerai ici des fermetures temporaires en cas d’accidents, de travaux, etc. La crèche Reine Fabiola, la plus grande crèche de Molenbeek-Saint-Jean avec ses 90 places, pourrait rester fermée pendant plus d’un an, à la suite de l’effondrement des balcons d’un immeuble voisin et de l’impossibilité de sécuriser l’accès à l’établissement. Cette situation exceptionnelle pourrait s’avérer lourde de conséquences. Pour rappel, le taux de couverture en milieux subventionnés dans cette commune est un des plus faibles de la Fédération Wallonie-Bruxelles: il avoisine les 10 %. Madame la Ministre, pouvez-vous me dire si les autorités communales, qui en sont le pouvoir organisateur, ont pris contact avec vous pour faire face à cette problématique? Quelles solutions ont-elles pu être dégagées? À ma connaissance, aujourd’hui, aucun enfant ne se trouve sans place d’accueil. Y a-t-il eu une communication entre le pouvoir organisateur et l’ONE face à ces 90 places en danger? A u-delà de ce cas particulier, comment l’ONE s’organise-t-elle avec les pouvoirs organisateurs quand une telle situation se produit? Lorsque des structures doivent effectuer des travaux et fermer temporairement, l’ONE fait-elle preuve de souplesse en permettant à celles-ci de rester ouvertes bien qu’elles ne respectent plus temporairement les normes de surface ou d’autres normes? Comment le replacement éventuel des enfants concernés s’organise-t-il? Là aussi, les nouvelles structures sont-elles autorisées à dépasser les normes, notamment d’encadrement, pour faire face à ces situations exceptionnelles? On sait qu’en cas de travaux, les délais ne sont pas toujours respectés Comment s’assurer que la situation ne va pas s’éterniser? Quelles sont les conventions à cet égard? L’ONE fait-il une différence entre les milieux d’accueil privés et publics, subventionnés et agréés? Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – La crèche Reine Fabiola est autorisée, agréée et subventionnée par l’ONE pour 72 places, depuis juin 2015. Le nombre de 90 cité dans la question correspond au nombre d’enfants inscrits dans le milieu d’accueil. Cet établissement est situé avenue Jean Dubrucq, 90. Depuis le début, la situation est cogérée par les autorités communales et l’ONE. Pour rappel, le balcon du dixième étage de la façade latérale gauche de l’immeuble attenant à la crèche s’est effondré le 27 octobre 2015, emportant les balcons des neuvième et huitième étages. D’après un rapport d’expertise, l’accès aux pièces de la crèche présentait un danger pour la sécurité des enfants. Il a été interdit immédiatement. La fermeture de la crèche a été décidée le 5 novembre par la cellule communale de coordination. Tous les enfants ont été accueillis dans d’autres milieux d’accueil de la commune. Depuis mi-février, ils sont répartis dans des locaux adaptés situés rue de Bonne (36 places) et chaussée de Merchtem (36 places). Le personnel a évidemment suivi les enfants. La direction de la coordination de l’accueil de l’ONE gère la situation avec le responsable du milieu d’accueil et le pouvoir organisateur, ainsi que des membres de l’ONE, lorsque la situation a des conséquences sur l’autorisation ou les subsides versés. On a voulu privilégier la souplesse pour veiller à la sécurité des enfants, des familles et du personnel pendant les travaux, mais aussi la continuité de l’accueil dans les meilleures conditions avec des dérogations temporaires et la volonté de ne pas pénaliser financièrement les pouvoirs organisateurs, en poursuivant le subventionnement du milieu d’accueil et en neutralisant, pour les types de milieux d’accueil concernés, le calcul du taux d’occupation. L’évolution de la situation est suivie avec souplesse par la coordination de l’accueil qui fait rapport aux instances concernées, sur la base du calendrier prévu des réunions d’échanges avec les responsables. Le pouvoir organisateur tient l’ONE informé de la situation et de son évolution, s’il échet à moyen et long termes. L’office suit les mêmes principes, quel que soit le type de milieu d’accueil. Cependant, chaque problématique nécessite une analyse distincte, en raison de l’urgence, du maintien de la sécurité, de la continuité, des solutions réalistes dans l’intérêt des familles, etc. Mme Catherine Moureaux (PS). – J’imaginais que c’était ainsi que les choses se passaient, mais ce n’est pas extrêmement clair. Si je comprends bien, on agit surtout au cas par cas. Ici, un concours de circonstances a fait que les 72 places pouvaient être relativement facilement relocalisées grâce aux nouvelles structures agréées dans la commune. Cette situation est cependant rare et n’est certainement pas la règle. Dans d’autres cas, j’imagine que les dérogations doivent être beaucoup plus larges. J’aurais aimé obtenir plus de précisions, mais je vous adresserai des questions écrites à ce sujet.